25 avril 2013 : Soirée UMP - Convention sur le Travail.

Publié le par TELETRAVAIL

Je considérais jusqu’alors que la politique ne devait pas pénétrer le télétravail, que je souhaitais transversal des organisations y compris politiques. Pour moi, le télétravail n’était ni de droite ni de gauche, il devait naturellement s’imposer à toutes et à tous.  Je dois avouer que les circonstances me font réviser ma position. J’étais jeudi soir au siège de l’UMP pour apporter mon humble contribution à cette convention sur le travail. Décidée depuis des semaines, c’est le hasard qui a fait qu’elle s’est trouvée être au calendrier  le même jour que l’annonce des chiffres du chômage. Nouveau record avec plus de 3,2 millions de chômeurs. Comment ne pas être triste d’imaginer tous ces gens privés d’emploi et probablement sans réelle perspective d’en trouver un autre rapidement. Gérard LARCHER insistait bien pour que tout le monde comprenne que sans une vraie croissance d’au moins 1,2 % l’emploi va continuer de se dégrader et nous sommes dans une perspective de croissance sous 0 %. Il faut donc le savoir et se préparer. Mais comment ? Dans l’immédiat nous avons un gouvernement qui refuse de changer de cap, qui promet toujours un retournement de tendance avant la fin 2013, mais sans expliquer comment. Donc rien ne va changer. Mais en 2017 il faudra bien proposer aux français un nouveau modèle, et qui sera forcément très éloigné de ce que nous connaissons depuis des années. C’est dans ce sens que je travaille. Depuis 20 ans bientôt je n’ai pas de grandes raisons de me satisfaire de mes actions. Mais ce qui est fait est fait. Le télétravail est dans le code du travail, le statut auto entrepreneur existe, même si le gouvernement actuel cherche à le détruire par tous les moyens. Mais nous allons résister car cette destruction serait trop injuste. Ma satisfaction c’était de voir hier soir que mes propositions sur le télétravail ont été reprises et présentées. L’époque où je devais aller dans toutes les institutions présenter et chercher à convaincre est dans le registre du passé. Aujourd’hui c’est fait. Tout le monde parle du télétravail comme « une chose » en construction. Cette proposition N° 8 sera dans le programme présidentiel en 2017. Mais si vous lisez la presse, vous devez savoir que Valérie Pécresse a formulé plusieurs propositions afin de répondre aux enjeux qui se posent à nous : faire du numérique un accélérateur puissant de croissance et de création d’emploi. Elle propose de financer 1000 télécentres ou assimilés (d’ici 2020 dont 200 en Ile de France) par le produit de la vente de la participation de l’État dans France Telecom (qui fait les choux gras de Free). Vendre les actions de France Télécom détenues par l’État pour doter tout le territoire français en Très Haut Débit en 5 ans est une proposition récente formulée pour donner à la France la position qu’elle mérite.  Il faut savoir qu’à fin 2011, la part des abonnés à la fibre optique dans le total des abonnés internet était de 63 % au Japon, de 56 % en Corée du Sud, contre seulement 3 % en France. Il faut se réveiller.

Mais ce n’est pas tout car la semaine a été riche. Prochainement, le ministère délégué à l'Économie numérique (Fleur Pèlerin) devrait également nommer ces fameuses "cinq personnes investies localement dans le développement du numérique". La formation comptera alors ses 30 membres à parité de genre, même si le ministère semble avoir quelques difficultés à trouver les bonnes personnes. Interrogé, le cabinet de Fleur Pellerin promet toutefois que ce sera "dans le mois". Ce que l’on sait déjà, c’est l’arrivée de quatre parlementaires qui ont été désignés pour rejoindre le Conseil national du numérique (CNNum  voir notre billet du 20 juillet 2012 sur la démission brutale du Conseil). Ils auront la charge d'y représenter l'Assemblée nationale et le Sénat dans cet organe de conseil rattaché au gouvernement, dont le rôle est d'émettre des avis sur les questions de politique numérique. Dans ces 4 parlementaires figure 2012 05 laure-de-la-raudiere OptMme Laure de La Raudière – députée de l’Eure et Loir (28) que j’avais rencontré à l’Assemblée Nationale il y a un an (voir notre billet du 29 avril 2012). Si le gouvernement n’a pas souhaité faire preuve d’ouverture, ce Conseil numérique ne pouvait pas fonctionner sans les meilleures compétences. Dont acte. Alors, puisque le temps semble être une notion contre laquelle il n’y a rien à faire (sauf une révolution) il faut jouer avec. Jeudi soir Serge Dassault expliquait qu’une entreprise a besoin de flexibilité pour continuer de se développer. Le code du travail, les syndicats, le pouvoir, sont tous contre. Alors c’est vous, c’est nous les indépendants qui fournissons cette flexibilité. Ne nous en privons pas et jouons sur cette période qui fait que sans nous les entreprises seraient paralysées.

Pour ma part je ne baisse pas les bras ni la garde. Méfiant je m’écarte des belles promesses si je n’en trouve pas la logique économique (exemple les télécentres qui fleurissent mais à la charge des collectivités publiques qui bientôt n’auront plus les moyens de les financer). Quel avenir pour ces structures ? Je rencontrerai mi-mai le député Hervé Morin (et ancien ministre de la défense) afin d’analyser les idées centristes sur le sujet et le développement du télétravail régional de l’Ouest de la France et plus particulièrement la Normandie. En fin d’année je présenterai à l’Assemblée Nationale avec les autres commissions mon travail sur le télétravail au profit de l’égalité Homme-Femme et la gestion des temps de vie. Mais pour le moment, pensez que vous avez beaucoup de chance auprès des entreprises qui vous attendent avec la flexibilité que vous représentez.

Bien cordialement

Gérard VALLET

Président de l’ANDT

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J
Merci. A force de tourner en rond dans tous ces forums et sites qui se gargarisent des annonces sans se soucier du lendemain, le bon sens dont vous faites preuve est salutaire. Merci et continuez à<br /> nous informer des (vraies) réalités du télétravail.
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